Fiche conseil
Savoir adapter un siège à son activité et à son poste de travail
Le siège est souvent le premier élément auquel on pense lorsqu’une personne ressent des douleurs au travail. Pourtant, un siège, même de très bonne qualité, ne suffira pas à lui seul à prévenir l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS). Son efficacité dépend avant tout de son réglage, mais aussi de son adéquation avec l’activité réalisée et l’ensemble du poste de travail.
Il n'existe pas de posture assise idéale
Il existe une idée largement répandue selon laquelle il existerait une position assise « idéale ». En réalité, les connaissances actuelles en ergonomie montrent qu’il n’y a pas une posture parfaite à maintenir toute la journée. Le corps humain est conçu pour bouger. La meilleure posture est donc celle qui varie régulièrement. L’objectif d’un bon réglage n’est pas de figer une position, mais de permettre au corps de travailler dans des conditions les plus confortables possible tout en facilitant les changements de posture au cours de la journée.
Régler correctement la hauteur du siège
La première étape consiste à régler la hauteur du siège. Les pieds doivent reposer à plat sur le sol afin d’assurer un appui stable. Les cuisses sont idéalement proches de l’horizontale, sans que le bord de l’assise ne comprime l’arrière des genoux. Si la hauteur du plan de travail impose de relever le siège et que les pieds ne touchent plus le sol, il ne faut pas redescendre le siège uniquement pour retrouver cet appui. Dans cette situation, l’utilisation d’un repose-pieds permet de conserver une bonne hauteur de travail tout en maintenant un appui confortable pour les membres inférieurs.
Le rôle essentiel du dossier
Le dossier joue également un rôle essentiel. Il doit accompagner les mouvements du dos et offrir un soutien au niveau des lombaires. Là encore, il ne s’agit pas de rester constamment adossé, mais de pouvoir bénéficier d’un appui lorsque cela est nécessaire, notamment lors des phases de lecture, de réflexion ou de travail sur écran.
Bien régler les accoudoirs
Les accoudoirs font souvent l’objet d’un réglage inadapté. Beaucoup de personnes les positionnent à la hauteur du plateau du bureau en laissant le siège à sa hauteur initiale. Ce réglage oblige alors les épaules à remonter pour venir se poser sur les accoudoirs, ce qui augmente les contraintes au niveau des trapèzes et des cervicales. À terme, cette position peut favoriser l’apparition de douleurs.
La bonne démarche consiste à considérer le siège dans son ensemble. Si les accoudoirs doivent être au niveau du plan de travail pour soutenir les avant-bras, c’est généralement l’ensemble du siège qu’il faut remonter et non uniquement les accoudoirs. Si cette augmentation de hauteur empêche ensuite les pieds de reposer au sol, un repose-pieds devient la solution adaptée. Cette logique permet de conserver des épaules relâchées tout en bénéficiant d’un soutien des membres supérieurs.
Adapter le siège à l'activité réalisée
Le choix du siège dépend également de l’activité réalisée. Une personne qui travaille plusieurs heures devant un ordinateur n’aura pas les mêmes besoins qu’un opérateur qui alterne régulièrement les positions assises et debout, ou qu’un professionnel réalisant des gestes précis, ou qu’une personne amenée à effectuer des déplacements fréquents. Dans certains contextes, des sièges spécifiques peuvent apporter un réel bénéfice en répondant à des contraintes particulières, mais ils ne remplacent jamais une réflexion globale sur l’aménagement du poste de travail.
Conclusion
En définitive, adapter un siège à son activité ne consiste pas à appliquer une recette universelle. Il s’agit de rechercher le meilleur compromis entre les caractéristiques de la personne, les exigences de la tâche et l’environnement de travail. Un siège bien réglé est un siège qui permet de travailler efficacement, confortablement et surtout de continuer à bouger tout au long de la journée.
