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Revue de presse • 11 avril 2019

Cet exosquelette, inventé par ErgoSanté, qui a séduit Airbus Helicopters

Basé à Anduze, dans le Gard, la PME vient de fournir le spécialiste de l’aéronautique, installé à Marignane avec son Shiva Exo. Un produit issu de trois années de R&D, né d’un partenariat avec un autre grand compte, la SNCF.

Il est entièrement mécanique donc passif, fonctionne sans batterie mais pour les équipes d’Airbus Helicopters à Marignane il est le nouvel outil qui va faire du bien.

Appelé Shiva Exo – on comprendra la référence – il est le premier produit issu d’ErgoSanté.

Le bien-être au travail est l’un des sujets dont s’est emparé la PME installée dans le Gard, à Anduze, devenu un acteur du maintien et de l’amélioration des conditions de travail. Née en 2013, l’entreprise fondée et dirigée par Samuel Corgne conçoit et fournit des solutions pensées pour les travailleurs valides et non valides.

Tout est né d’un partenariat d’innovation noué avec la SNCF voici deux ans où il était question pour la compagnie ferroviaire française d’inventer un exosquelette qui réponde à ses besoins. « La SNCF n’était pas forcément satisfaite de l’état de l’art », explique Samuel Corgne. « Nous sommes donc partis du besoin », pour créer un outil sur-mesure. Arrivé au bout de ce partenariat qui a permis à la PME de faire preuve de sa capacité à innover, ErgoSanté avait l’opportunité de s’ouvrir à d’autres clients. Sauf que le concepteur d’hélicoptères basé à Marignane avait suivi le projet depuis ses balbutiements. Au point donc de faire l’acquisition aujourd’hui d’un premier exemplaire, pour une phase de tests, laquelle pourrait déboucher sur une commande d’une plus grande envergure.

Homme préservé, pas augmenté

« Shiva Exo n’est pas un jouet, nous avons des ambitions plus importantes. C’est un outil de prévention« , précise le dirigeant qui souligne qu’en la matière, « les besoins sont criants ». Surtout, ErgoSanté, « répond aux besoins et non pas à un fantasme. L’exosquelette que nous avons conçu c’est l’homme préservé, pas l’homme augmenté ».

Shiva Exo est en effet structuré de façon à prévenir les traumatismes de l’épaule, du dos et du coude. Les contraintes mécaniques et le poids sont redirigés vers les hanches sans passer par le haut du corps.

Couteau suisse

« Notre problématique est d’avoir la capacité de fabrication tout en conservant la souplesse de nous adapter à chaque demande », indique Samuel Corgne. D’autant que le marché des exosquelettes devrait atteindre 2,8 Mds$ à l’horizon 2023. « Nous voulons être partie prenante de ce marché ». Un marché divisé en quatre catégories : le grand public, l’industriel, le médical et le militaire. Chacun dispose d’un nombre d’acteurs déjà positionné, l’industriel et le médical étant les plus sollicités.

« Nous sommes positionnés sur l’industriel et plus précisément sur l’assistance aux bras, dos, jambes et support des outils ». Différenciation voulue par ErgoSanté, celle de ne pas être attaché à un seul usage. « Tous les exosquelettes sont mono-tâches. Au contraire, nous avons voulu mettre au point un exosquelette qui soit couteau suisse, qui puisse s’adapter à chaque besoin ». C’est d’ailleurs précisément ce qui a convaincu Airbus Helicopters.

Techniquement, Shiva Exo est issu de l’impression 3D associé à de l’usinage. Fait de 90% de composites, il revendique légèreté et durabilité. ErgoSanté dispose de 12 agences en France et réalise un chiffre d’affaires de 4,4 M€.

Par Laurence Bottero  pour La Tribune Provence-alpes-côte-d’azur

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